Contribution concertation publique sur la création de la ZAC TESO (quartier Matabiau)
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Notre contribution à la concertation publique sur la création de la ZAC TESO (quartier Matabiau)
Elus Eelv Toulouse·jeudi 29 mars 2018
Les élu-e-s du groupe écologiste de Toulouse Métropole se réjouissent de l’évolution de la capacité ferroviaire au niveau de la Gare Matabiau.
Nous pensons en effet que l’augmentation du trafic ferroviaire régional nécessite un grand projet de réaménagement de la gare Matabiau, et plus largement des quartiers environnants.
Nous approuvons le principe de la création d’un large périmètre d’études (400 ha) et de l’utilisation d’outils d’aménagements spécifiques (Projet d’Intérêt Majeur, Zone d’Aménagement Concerté). Pour autant, nous sommes inquiets de certaines orientations donnée à ce projet ces dernières années, ainsi que du processus de concertation qui semble être avant tout un processus de communication unilatérale.
Nous formulons ainsi un certain nombre de remarques dans le cadre de la concertation.
1 – Un projet qui donne une large place à la mobilité automobile
– Nous sommes contraints de constater qu’en faisant le choix de maintenir 4 voies de circulation automobile de part et d’autre du Canal du Midi, le projet risque de dégrader les conditions de vie des riverains, qui subissent déjà un trafic de 55 000 véhicules/jour.
– Le dossier évoque à de nombreuses reprises la volonté d’augmenter la capacité de stationnement automobile (passage de 800 à 2 000 places), et ne détaille pas les processus pour créer du stationnement mutualisé en périphérie du quartier. Nous considérons qu’un projet urbain de cette ampleur, qui mobilise des moyens publics aussi importants, devrait permettre de changer de paradigme en matière de mobilité et favoriser les modes actifs et les transports en commun.
– Le dossier n’évoque pas la possibilité de préserver l’avenir et de créer une coulée verte et un couloir de tramway le long du canal. Cela hypothèque l’avenir. Car si le plan Mobilités récemment approuvé ne prévoit pas le prolongement du tramway au- delà de la station Palais de Justice, rien ne dit que les futurs documents d’urbanisme ne reviendront pas sur cette anomalie.
– Les aménagements programmés sur l’avenue de Lyon ne prévoient pas l’élargissement du pont Raynal, et laissent une très grande part à la circulation automobile. Nous considérons qu’une volonté forte de réduire la pollution atmosphérique et de lutter contre le changement climatique nécessite que les bus ne soient pas engorgés à ce niveau dans le trafic automobile. Nous pensons que le projet devrait permettre de dégager les moyens nécessaires pour cet élargissement et le réaménagement de l’avenue de Lyon.
– La création d’un boulevard venant des Minimes risque d’augmenter les nuisances et d’attirer un plus grand nombre de véhicules vers le parvis créé.
2 – Un projet qui dissimule ses contreparties sur la mixité sociale
– Le projet évoque un objectif de production de 35 % de locatif social, sans évoquer le détail des différents logements sociaux qui y seraient réalisés. On peut s’inquiéter d’une diminution de fait du nombre de personnes qui auraient droit à cette typologie de logement par rapport à l’existant.
– De la même façon, la volonté de créer 40 % de logements en accession libre sera avant tout profitable aux investisseurs. Aucune mention n’est faite d’un plafonnement des logements vendus par les dispositifs de défiscalisation.
3 – Un projet qui détaille très peu les moyens mis en œuvre pour garantir l’augmentation du trafic ferroviaire
– Le dossier du Pôle d’Echange Multimodal ne détaille absolument pas la manière dont le nombre de quais serait augmenté pour accueillir l’évolution du trafic ferroviaire régional à l’horizon 2030 et au-delà. Une saturation des quais semble possible et pourrait à l’avenir limiter la capacité de transport ferroviaire à Toulouse. Le dossier devrait rassurer sur ce point, à ce jour ce n’est pas le cas.
– De la même façon, le dossier du PEM semble occulter les aménagements nécessaires pour « rallumer » l’étoile ferroviaire, accueillir les Aménagements Ferroviaires du Nord Toulousain (AFNT), répondre à la problématique de la tranchée de Guilhemery.
– Le montage financier du PEM n’est pas détaillé, il laisse penser que la vente des fonciers SNCF permet des recettes importantes qui ne figurent pas dans le projet de manière explicite.
4 – Des constructions de grande hauteur inadaptées
– La Tour Occitanie a obtenu par des pirouettes juridiques le droit de s’ériger à 150 mètres de hauteur via la modification du PLU de Toulouse en 2016. Elle pourrait se voir appliquer une mesure d’exception l’exemptant d’obligation de construction de logements sociaux en 2018, via une modification simplifiée du PLU réalisée sur mesure pour la compagnie de Phalsbourg. De quoi s’inquiéter des pratiques de démocratie participative déployées sur ce projet.
– Les autres constructions envisagées (51 m) peinent à être justifiées par le projet. On peut avoir le sentiment qu’il s’agit avant tout de « caser des mètres carrés » afin de maximiser les recettes foncières.
5 – Des espaces végétalisés trop peu nombreux
– Nous considérons que le projet devrait donner une place prépondérante aux espaces de nature en ville et de loisirs. Le projet est situé sur un corridor écologique actuellement très dégradé. La restauration de la qualité écologique du canal est absente du projet. L’absence d’une voie verte le long du canal du Midi est également préjudiciable.
– Nous proposons la création d’un poumon vert aux abords de la gare, et la mise en œuvre de principes architecturaux innovants sur la place du végétal dans la ville.
6 – Des impasses étonnantes dans le dossier de concertation
– Nous avons le regret de constater que le modèle énergétique de ce quartier reste actuellement à l’état d’ébauche, alors qu’il nous semble possible d’imaginer un quartier à énergie positive avec une forte implication citoyenne.
– Le devenir de la gare routière n’est pas évoqué, alors que cela semble être un élément important dans le dossier.
– Il n’y a pas d’étude d’impact de la création d’une zone commerciale et d’un quartier d’affaire aussi importants. Pourtant, il nous semble que ces éléments sont de nature à reconfigurer l’économie générale de la ville, à modifier la situation du centre-ville et des bureaux vacants dans l’agglomération.
– Le dossier n’évoque jamais de fiscalité spécifique liée aux financements des infrastructures de transport. Pourtant, le Président de la Métropole a fourni une étude au Gouvernement pour réclamer la mise en place d’un « impôt LGV » afin de prendre en charge une part du coût de la réalisation d’un ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse.
– Le dispositif de Projet d’Intérêt Majeur (PIM) n’est jamais explicité, et personne ne semble savoir à ce stade s’il sera réellement mis en œuvre sur ce site.
Pour toutes ces raisons, et en tenant compte des manquements des étapes précédentes de la concertation, les élu-e-s écologistes de Toulouse Métropole demandent à ce que du temps supplémentaire soit donné pour prendre en compte les amendements citoyens au projet, et désirent être associés aux étapes de concertation à venir.