[Café de l’écologie] Déchets : faut-il payer en fonction de ce que l’on jette ?
Partager

[Café de l’écologie] Déchets faut-il payer en fonction de ce que l’on jette ? La redevance incitative en question.

Participeront aux débats :
-Dominique Gilbon, Amis de la Terre
-Marc Péré, maire de l’Union, en charge des déchets Toulouse Métropole
-Renaud Nougarol, sociologue, auteur d’une thèse sur la redevance incitative.

Animation : Antoine Maurice, Directeur Humus et associés, élu municipal et métropolitain

18h30 au Café Jean, 75 Allées Jean Jaurès (métro Marengo) Evénement Facebook

En savoir plus sur la redevance incitative sur le site de l’ADEME

Compte-rendu du débat

1/Réduire les déchets : La redevance incitative, une mesure parmi d’autres
Réduire les déchets est l’objectif partagé par les intervenants. Il s’appuient d’ailleurs sur les obligations législatives issues du Grenelle de l’environnement et de la loi transition énergétique pour la croissance verte.
L’exemple du SICOVAL, où la redevance incitative a été mise en place, est présenté. Ses réussites et ses limites sont discutées.
Le débat a notamment porté sur les autres mesures qui pourraient être mise en place. La redevance incitative est questionnée en tant qu’action phare : ce qui compte c’est le résultat. Ne peut-on pas favoriser d’abord des mesures d’accompagnement et incitatives ? Mesure favorisée par les élus car directement visible par la population ? La redevance incitative peut être vue sous deux aspects : culpabiliser ou reconnaitre l’effort fait ? Comment la mettre en place (au volume ou au poids, tarification, technologies nécessaires) ?

2/La chaîne des déchets
D’autres sources de déchets ont été évoquées : les commerces et les industries, dont les volumes sont importants. Cela a interrogé sur le fait de demander les efforts aux citoyens individuellement face à la masse des autres producteurs de déchets. On ne peut pas traiter que la question des déchets ménagers, mais bien l’ensemble du système pour une réelle action en la matière.
De plus, il a été évoqué qu’à Toulouse une culture de l’incinération s’est ancrée du fait du réseau de chaleur, devenu un prétexte pour moins réduire les déchets.
Les débats ont portés également sur la grande dérive qu’est le droit à jeter. Or, un déchet est quelque chose que la nature ne peut pas absorber.

3/Où sont les enjeux de société ? Responsabilisation ou enjeux structuraux ?
Le débat s’est ouvert sur le fait qu’en discutant de redevance incitative on ne parle que de la responsabilité au bout de la chaîne du déchet, sans pointer la responsabilité de sa mise sur le marché.
La question du lobbying et des rapports de force dans un système libéral et consumériste dont le but est de vendre le plus possible a émergée. L’enjeu primordial est donc le système capitaliste.
Par ailleurs, le débat s’est orienté sur le fait que mettre la responsabilité sur individus = une forme de dépolitisation. Il s’agit de revenir sur les enjeux structuraux.
La politique doit prendre le relai, par exemple avec la fiscalité écologique, pour rendre économiquement possible à tous des actions. Le monde politique doit travailler avec l’associatif, et se baser davantage sur la démocratie participative.

4/Aspects sociologiques. A qui s’adresse l’écologie et qui pratiques des mesures ?
Les apports de la sociologie, qui permet de dénaturaliser les problèmes, c’est à dire de ne pas seulement voir les résultats, mais d’envisager les autres pistes ont permis d’élargir la discussion et de mettre à plat toutes les solutions.
L’importance de la prise de conscience large dans la société a donné lieu à de nombreux échanges :
Le choix citoyen dans le vote et dans les achats. Actes d’achat = actes citoyens. Promouvoir un monde différent, c’est aussi agir dans ses achats pour promouvoir un modèle différent. Demeure cependant le problème pour certains d’avoir accès économiquement à ces solutions, et des différences de prise de conscience du problème.
Cependant, les limites de cet aspect dans un monde libéral et productiviste sont soulevées.
Zéro Waste pratique une forme de révolution en s’attaquant aux modes de vie. Cet exemple a été largement soutenu par les participants, car il s’agit de rendre désirable une autre façon de faire et d’agir concrètement.
Mais comment on fait pour sensibiliser les citoyens ? Comment élargir le cercle des personnes convaincues ? Les bobos comme initiateurs qui essaiment ? Comment impliquer les classes populaires, sans se leurrer sur le fait que ce ne sont pas les plus précaires qui sont les principaux consommateurs et les plus gros pollueurs ?

Conclusion : le débat sur la redevance incitative ouvre à un débat plus large : responsabilités individuelle, collective et comment remonter à la source systémique de l’abondance des déchets.