«Toulouse plus verte» ou «Toulouse à vendre» ?
Partager

Communiqué de presse du 29/07/2019 relatif à la signature du permis de construire de la Tour Occitanie.

Pour EELV Toulouse, l’examen du rapport de la commission d’enquête publique sur le projet TESO (Toulouse Euro Sud Ouest) montre que le projet de Tour Occitanie ne répond pas aux exigences démocratiques, sociales, financières et écologiques pour lesquelles notre métropole devrait se montrer exemplaire.

La commission d’enquête reconnaît ainsi que « ceux qui ont traité exclusivement de la Tour ont émis des avis quasi-équitablement partagés ». Mais nous constatons avec étonnement que l’avis des habitant.e.s du quartier et celui des 5400 pétitionnaires de l’opposition organisée par l’association «Non au gratte-ciel» ne semblent pas avoir été pris en compte. Faut-il en conclure que les contributions «d’un grand nombre d’entreprises du BTP» (environ 370) ont largement pesé dans la balance ?

Un rapport aussi contrasté aurait nécessité de prolonger le débat. Cependant, sans même attendre d’obtenir les garanties de la levée de la réserve des commissaires enquêteurs sur le financement du logement social, le maire de Toulouse a signé le permis de construire à la hâte, au cœur de l’été.

Cette signature marque le paroxysme d’une politique de clientélisme et de petits arrangements.

Négocié avec le promoteur préalablement à toute concertation, annoncé en 2017 au Mipim de Cannes avant toute information à la population toulousaine, le projet de gratte-ciel toulousain a obtenu en 2018 une modification d’urgence du Plan Local d’Urbanisme (PLU) pour le rendre favorable au promoteur : autorisation pour la hauteur, dérogation pour les logements sociaux, réduction des stationnements deux roues.

Signer le permis de construire en 2019 permet en outre au promoteur d’échapper aux normes environnementales issues de la COP 21, et qui devraient entrer en vigueur en 2020 (RT2020), normes « bâtiments à énergie positive », obligeant les bâtiments à une autosuffisance énergétique.

Enfin, alors que le gouvernement examine, pour financer le tronçon de LGV BordeauxToulouse, la possibilité de mettre sur pied une taxe touchant les projets urbains, signer à la hâte le permis de construire de la Tour lui permet d’en être exonérée (alors qu’elle serait première bénéficiaire de la nouvelle ligne).

En ce «jour du dépassement» où l’humanité a épuisé toutes ses ressources renouvelables pour 2019, et très loin des promesses d’une «Toulouse + verte» et de prise en compte de l’ «état d’urgence climatique» récemment faites par le maire de Toulouse, le projet de Tour Occitanie constitue le symbole du vieux monde qui s’accroche, face au nouveau qui est en train de naître.

Notre avis sur l’enquête publique TESO : https://toulouse.eelv.fr/2019/05/02/un-autre-teso-est-possible/